|       |       |       |    La Fourmi, cyberlibrarie   |       |   



    

     l'annuaire bourré d'idées !
     liens vers ce site
     proposer un site sur le vin
     proposer un partenariat
     modifier un site sur le vin
     contacter le webmaster
     liens vers ce site

  

    
     bientôt en ligne
     

    la librairie du vin
    la fourmi aux fourneaux

  

    la fourmi voyage
    les romans de la fourmi
    les guides de la fourmi

  

    

     la thalasso
     
le littoral belge
     
la Jordanie
     Eilat en Israël
     mes agences de voyage
     un souci de conso ?
     les Marchés de Noël

    
     


     bientôt en ligne

     
 
tous les Beaujolais et un excellent Brouilly

Le Beaujolais, vin issu du prestigieux vignoble de la rive ouest de la Saône, entre, on va dire, Lyon et Mâcon, avec Villefranche en capitale, ne se limite pas à l’annuel Beaujolais nouveau. Pourtant, de plus en plus d’incultes aux papilles anesthésiées le croient et le braillent à tue-tête : ils célébraient à son arrivée le Beaujolais nouveau quand la mode disait qu’il devait être célébré, ils le vilipendent sans reconnaissance, maintenant que le vilipender rend intéressant, eux qui organisaient des fiesta dans des endroits branchés, où le Beaujolais nouveau était vendu au prix du champagne. Quelle horreur ! le Beaujolais nouveau se boit au zinc, avec un saucisson, des rillettes ou un calendos, pas sous les paillettes ! le Beaujolais, non, mille fois non, ne peut pas être réduit à un vin commercial, trafiqué, forcément infâme, aux arômes artificiels trop prononcés. Certain vignerons, c’est vrai, profitent de l’aubaine pour vendre cher n’importe quoi, parce que, pendant des années, le consommateur a accepté d’acheter et de boire n’importe quoi.

Le Beaujolais nouveau, comme n’importe quel vin, se choisit. Il ne se goutte pas au comptoir de n’importe quel bar, il ne s’achète pas en promo dans n’importe quel hypermarché. Il y en a du bon, du très bon et du moins bon, qui parfois s’approche de l’infâme. Moi, j’adore le Beaujolais nouveau, je me le fais livrer par le Savour Club (de 3 à 5 € la bouteille), le troisième jeudi de novembre : le décret du 12 septembre 1937 qui réglemente l’appellation (signé par le Président de la République Albert Lebrun, alors en résidence d’été au château de Rambouillet), n’autorise la vente du Beaujolais nouveau que du troisième jeudi de novembre au 31 décembre à minuit. Je demande toujours au Savour Club de glisser dans le carton quelques bouteilles de Mâcon blanc primeur, de Côte du Rhône primeur, et de Beaujolais villages primeur, je les déguste tous comme des vins festifs et frais, des vins primeurs, donc jeunes, immatures, insouciants et caractériels.

J’adore aussi les dix Grands Crus du Beaujolais, ils n’ont rien de nouveau, mais je ne me lasse pas de les découvrir, Juliénas, Morgon, Chiroubles, Côte de Brouilly, Chénas, Moulin à Vent, Régnié et Saint Amour, le Fleurie est entre tous les vins mon préféré, j’adore aussi le Brouilly, surtout celui du Château du Bluizard, né en plein cœur du vignoble historique, à Saint Étienne la Varenne, dans le domaine qui appartient depuis 1625 à la dynastie des Saint Charles. On y travaille en famille, avec un seul but : donner la vie à des vins sérieux, ambitieux, dont on peut être fier, des vins typiques, des vins puissants. Le vin est un être vivant qui a une âme, qui évolue. Il exprime le caractère de son viticulteur, il traduit ses émotions et ses états d’âme : des vins peuvent partager le même terroir, le même soleil, être issus du même cépage, bénéficier d’autant d’attentions, ils n’auront jamais le même goût, chacun gardera sa personnalité.
Le cépage, c’est la race du raisin : le beaujolais rouge est de cépage Gamay (acheter une bouteille de Gamay, c’est acheter une bouteille de vin dont on ignore la provenance, issu d’un cépage Gamay). Les Saint Charles sont des artisans, des
artistes : les vins du domaine sont produits à l’ancienne, mais la tradition a été modernisée, adaptée, améliorée, sans être industrialisée.

Le Château du Bluizard produit du Beaujolais villages blanc
(mono cépage Chardonnay, vendange manuelle, petite production de 10.000 bouteilles, 5,34 €), parfait pour l’apéritif ou pour accompagner la cuisine exotique, exceptionnel avec des mélanges salé sucré, du Beaujolais villages rouge (évidemment Gamay, vendange manuelle, 4 €), excellent et en plus, pas cher (on se connaît, vous savez ce que j’en pense : le bon, le très bon, ne sont pas forcément chers, il faut juste savoir où le trouver), du Brouilly à tomber par terre, que l’on retrouve sur des tas de très bonnes tables à travers le pays (vendange manuelle, 6 €). L’appellation d’origine contrôlée (AOC) Brouilly existe depuis le 19 octobre 1938 : dans un périmètre fixé par décret, autour de Saint-Étienne la Varenne, dans le département du Rhône, 1300 hectares de Gamay sont maintenant cultivés par 400 viticulteurs. Le trésor du domaine, c’est la Grande Cuvée AOC Brouilly : il vous fait tutoyer les anges si vous le servez avec un gibier rôti, une viande rouge saignante, ou une entrecôte grillée ! Issu d’une petite parcelle d’un hectare de vieilles vignes (de 60 à 80 ans), il a une jolie robe carmin et un nez très prononcé de fruits noirs, il dégage en bouche des arômes de cerise noire, de violette et de réglisse. Jean de Saint Charles utilise sa botte secrète pour donner à ce vin sa personnalité, c’est la technique du bâtonnage : il va gratter de temps en temps le fond du foudre pour remettre les lies en suspension, ça donne un vin tannique. Fin et harmonieux, mais tannique. Le vin ne quitte la cave qu’une fois rendu à maturité : il passe d’abord onze mois en fût, puis six à neuf mois en bouteille, allongé à l’ombre, au frais, tranquille.

La famille Saint Charles possède aussi, depuis une centaine d’années, le voisin Domaine de Conroy, qui produit des vins plus stylés et plus austères, moins généreux, plus rustiques, qu’il faut raisonnablement laisser vieillir, du Brouilly (6 €), et du Côte de Brouilly (5,64 €). Il vous faut goûter ce vin de terroir, forcément vous l’aimerez, forcément vous succomberez, forcément, comme moi, vous en ferez un de vos préférés. Vous commandez directement au Domaine par téléphone ou via le Net, vous pouvez aussi refiler l’adresse à votre caviste ou votre resto préféré, il ne vous en voudra pas. Bonnes routes !

paru dans Gazoline du juin 2003
© Pierre-Brice LEBRUN & Gazoline
 
infos pratiques
Savour Club 0820 720 330
Domaine Saint-Charles
le Bluizard
69460 Saint-Étienne la Varenne
04.74.03.30.90


retrouvez la page de
vin sur vin
consacrée aux vins du Beaujolais