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escapades gourmandes parfois nostalgiques sur la Côte belge
la nostalgie et le romantisme vont si bien à ce littoral magnifique ...


ci-dessous : mon second article paru dans Gazoline sur la Côte belge (mars 2005)
plus bas : mon premier articlesur la Côte belge paru dans Gazoline (juin 2001)

De la Côte belge, je vous ai déjà dit grand bien, je ne retire rien.
J’y suis retourné, j’y retourne même chaque année, je suis sous le charme, c’est ma Jordanie du Nord : voici quelques adresses pour vous donner envie de m’y rejoindre.
C’est beau, à la fois loin et tout à côté, sympa et plutôt pas cher, on y mange bien, avec ou sans faim, on y boit bien, on s’y balade sans fin, à pied, à cheval, ou en ancienne, le long de la Côte, en tram …

Quatorze stations se partagent les 69 kilomètres du Littoral, chacune a sa personnalité et ses habitués. Ma préférée, c’est Wenduine (mais je ne suis pas objectif), je craque aussi pour Le Coq (De Haan, en néerlandais), La Panne, la plus populaire, ou Ostende, la mégapole du coin.

On peut traverser le pays en tram de la frontière française à la frontière hollandaise
: il n’y a que septante arrêts, il met un peu plus de 2 heures pour faire, à 30 km/heure en moyenne, les 68 kilomètres de terminus à terminus (il existe un billet à la journée ou pour 3 jours ainsi qu’une très économique carte familiale). Il longe la Mer, ce tram qui a des pare-chocs en caoutchouc pour éviter les accidents, il traverse, tel un Cupidon électrique qui aurait sniffé un rail, le cœur des stations balnéaires : c’est parfait pour revenir du resto (nuit et jour, il bosse, le tram de la Côte), pour rentrer de rando, pour s’adonner aux plaisirs du touriste de base (pléonasme), style, aquarium, musée, shopping ...

On peut aussi, sur la plage, marcher, marcher et encore marcher, tout juste dérangé par le chenal de Blankenberge, qui se traverse en bac, les ports de Nieuwpoort, d’Ostende et de Zeebrugge, que l’on contourne en tram. On profite des digues animées qui surgissent au milieu des dunes sauvages et des plages immenses (elle fait jusqu’à 350 mètres de large, la plage : c’est pas une plage de Mickey, c’est une plage belge, une vraie de vraie, immense, aérée, fouettée par les embruns, habitée par les crabes), pour se requinquer d’un cornet de frites (recouvertes de mayonnaise), d’une bière servie en terrasse avec des petits dés de fromage aromatisés au sel de céleri, d’une gaufre de Liège chaude et caramélisée …
Vous imaginez ? une balade de septante kilomètres (ou beaucoup moins, pas de panique), sur une plage quasi-déserte entrecoupée de haltes gourmandes ? c’est pas le bonheur, ça, c’est pas le bonheur ?

La ville de La Panne a classé ses dunes en réserve naturelle : c’est le Westhoek, qui se visite. N’hésitez pas, pour découvrir la faune et la flore, qui sont d’une richesse incroyable, à prendre un guide (demandez de ma part Martine ou Jacky Launoy). Je vous propose de loger dans une chambre d’hôtes exceptionnelle : à Certi Momenti ou à Stella Maris, pour l’accueil enthousiaste et la déco, pour la situation idéale, proche du tram, de la plage et du centre-ville, pour le calme et la chaleur des lieux, à De Kastanjeboom, ou à De Kruishoeve, pour l’originalité. Ces deux-là sont dans l’arrière-pays, l’auto est indispensable.

Il faut manger, le soir, à De Kastanjeboom : la table d’hôtes est réputée, les légumes sont du jardin, les poissons aromatisés aux fleurs, l’apéro et le digestif sont des décoctions de la maison … Les chambres, spacieuses et confortables, entourent le jardin intérieur de cette vieille ferme flamande, entièrement restaurée, aux murs blanchis à la chaux. On peut manger, aussi, au B&B De Kruishoeve, qui fait restaurant (on y mange aussi bien si on n’y dort pas). Étonnant : il est possible d’inviter son cheval (mais ce n’est pas obligé). Par B&B, il faut entendre Bed & Boxes : on réserve, d’un coup, le lit et l’écurie, la pension est complète pour le cavalier, sa monture et toute leur famille.

De Kruishoeve propose aussi des Gîtes, si vous y allez en bande : à l’abri de l’agitation de la plage, l’été, vous profiterez du calme de la campagne flamande et du plat pays (votre titine dormira à l’abri, comme à De Kastanjeboom : aucun risque de vous la faire piquer ou rayer). J’ai aussi repéré et essayé des hôtels (ci-dessous) : le Parc et l’Ambassador sont fonctionnels, le Bellevue, gentiment (très) démodé, la Noble Rose sympa et basic, avec ses chambres tout riquiqui (mais un petit-déjeuner bien belge, avec des miches croustillantes).

Sur la Côte, je craque aussi pour les traditions gourmandes : mieux manger serait pêcher. Les spécialités ? La mer, bien sûr : les crevettes grises d’Ostende (on les déguste en croquettes, c’est fabuleux, crues pour l’apéro, en salade ou en farce de tomate, c’est plus rafraîchissant), les moules (avec des frites ! avec des frites !), les soles et leurs filets, grillés, au curry, au beurre, le homard, mais aussi la charcuterie (ne quittez pas la Côte sans découvrir le potjesvlees), la confiserie (cuberdons, sucres d’orge et chocolats), et les frites, bien sûr, les incontournables frites, que l’on déguste dans leur cornet en se promenant …

La Côte belge est aussi attachante que dépaysante : en quelques heures, vous y êtes, via Amiens et Calais, ou via Lille, direction Brugge, vous pouvez aussi y aller en Thalys, vous utiliserez, sur place, mon ami le tram. Moi, je serais vous … Vous savez ce qu’il vous reste à faire ! bonnes frites, bonnes moules, bonnes croquettes aux crevettes et bonnes routes !

paru dans Gazoline 100 de avril 2005
© Pierre-Brice LEBRUN & Gazoline


Au rez-de-chaussée de la défunte Résidence Pauwels, je déguste une pression pour accompagner mes croquettes aux crevettes à la terrasse de La Marée, sur la digue de Wenduine. J’ai garé mon cuistax en double file, je suis heureux : toute la ville m’a reconnu. La Mer du Nord vient affectueusement s’écarteler à mes pieds. Les lapins, les hamsters et les pigeons du missisouris m’ont fait la fête. Je suis de retour dans le plat pays qui est le mien, mijn vlakke land. J’ai fait le trajet à pieds depuis Blankenberge, une trotte de quatre bornes qui met en appétit, surtout quand souffle le vent d’ouest : on peut remonter les larges plages de la Côte belge d’une ville à l’autre, de la frontière française à la frontière hollandaise, de La Panne à Knokke-le-Zoute, à peine embêté par deux ou trois ports, quelques stations balnéaires souvent lilliputiennes, parfois d’un autre âge, séparées de la mer par une digue.

Je prends des forces et je continue sur
Le Coq, un village qui n’a pas bougé d’un poil depuis les années vingt pendant qu’ailleurs (éviter soigneusement ou traverser rapidement) la Côte se bétonnait. Je prendrais tout à l’heure le tram qui me ramènera à Ostende en longeant les vagues de dune qui ne sont là que pour arrêter les vagues, avec de vagues rochers que les marées dépassent. Avec mon cuistax, j’ai fait le tour de Wenduine, des slaloms sur la place de l’hôtel de ville où les fanfares défilent en été, où les géants remisés attendent, contraints et forcés, le mois de juillet pour défiler et se faire acclamer, j’ai mis dans mes poches des cuberdons et des bâtons d’Ostende, dans ma besace des miches au chester, j’ai pris une à une toutes les rues où je remorquais mon grand-père quand j’avais quatre ans.

Ils ont démoli la résidence Pauwels pour construire à la place un immeuble tout moche, assassinant au passage la meilleure friture du Monde, installée dans une cave : il fallait se pencher par un grand soupirail pour remonter le cornet dégoulinant de mayonnaise et de
frites dorées au blanc de bœuf. Par contre, la Poissonnerie Pauline est toujours là, c’est la meilleure de tout le Littoral pour les filets de sole, le poisson fumé et les tomates aux crevettes.

Je loge à
Ostende, la plus grande ville de la Côte, une des plus sympa. Il faut arpenter le port d’Ostende et le marché aux poissons dès six heures du matin et jusqu’à la nuit tombante, manger pour se réchauffer des willocks (gros escargots cuits dans différentes sauces), et des gaufres de Liège. Il faut boire une bière à une terrasse de la Wappenplein devant le kiosque à musique, où se tient le marché trois fois par semaine (ne pas rater celui, tentaculaire, du jeudi), se balader dans les rues piétonnes, faire le tour de la ville en calèche, emmitouflé dans une couverture. J’ai choisi pour dormir un des deux hôtels Tulip Inn idéalement situés, le Bero, à deux pas de la mer, du port et du centre ville (et quand je dis deux pas, c’est deux pas : en plus, un sauna permet de se remettre le soir de tous les pas du jour), parce qu’au petit déjeuner, il y a du potjevlees, sorte d’amas de viande en gelée, qui se déguste aussi à Vleteren (sur la N8 entre FEURNES et YPRES), avec une bonne bière d’Abbaye.

Il y a quelques bonnes tables à Ostende, l’Office de Tourisme distribue un Guide assez bien fait mais pas exhaustif, et propose des week-ends gastronomiques à partir de 200 €. par personne pour deux nuits, deux petits-déjeuners, deux repas gastronomiques et l’entrée gratuite dans tous les musées (visitez alors le voilier Mercator).
On parlait de bonnes tables, je vous en recommande deux parmi d’autres. L’ambassade autoproclamée de la croquette aux crevettes, la
Taverne James (059.70.52.45), dans la Galerie James Ensor (le peintre local), est toujours fidèle à sa réputation : on vous sert dans un cadre de brocanteur la véritable croquette aux crevettes, roulée à la main dans la chapelure (seulement trois tours !), et dorée à l’huile de friture. Comme son nom l’indique, la croquette aux crevettes est une croquette avec dedans des crevettes, forcément d’Ostende, des petites grises au goût si particulier, obligatoirement décortiquées à la main, mélangées à une espèce de légère béchamel constituée d’un bouillon de carcasses de crevettes que l’on fait réduire avant d’ajouter crème, beurre, sel et poivre. Dans la série top de top, le restaurant Lucullus, qui fait partie de l’Hôtel Marion, comme l’exceptionnel Café Botteltje (petite bouteille), aux deux cents bières, idéal pour finir la soirée. Chez Lucullus, il y a un menu merveilleux (servi pour au moins deux personnes) à la bière, de l’entrée au dessert. Ames sensibles, attention : le homard mijoté à la bière (une Choulette des Ardennes) est un monument, mais le chef est un sadique. Vous passez votre commande tranquillement puis il s’amène, tout guilleret, il sort sous votre nez de l’aquarium un pauvre homard épouvanté et vous le présente sur une assiette. Le mien me regardait avec ses petits yeux suppliants qui larmoyaient tandis que les deux autres, toujours à l’eau, soulagés, s’épongeaient le front. Rassurez-vous, au retour, il est méconnaissable. Mais qu’est-ce qu’il est bon ! Sachez aussi que dans n’importe quelle friture, on mange des frites et une viande (boulettes, fricadelles, brochettes …) pour environ 7 €.

Un guide très bien, complet et anecdotique, joliment illustré, vous donnera plein d’idées de balades ou de découvertes, avec en prime des tas d’explications avec vingt pages de bonnes adresses : Côte Belge, édité par la Renaissance du Livre (article épuisé).

Je voudrais tant que vous veniez, que vous remontiez en quelque sorte le courant, de bas en haut plutôt que plein sud, que vous veniez voir comme ici la vie est douce et les traditions tenaces, c’est
la thalasso la moins chère du monde, les soins ne sont pas nécessaires, juste marcher, manger des frites avec de la mayonnaise (parfait pour le régime), se laisser aller, se laisser bercer, traîner …

Rien de plus simple pour y aller, il y a
chaque jour deux à trois Thalys directs dans les deux sens au départ de Paris (trois heures de voyage), de nombreuses correspondances à Bruxelles et à Lille, facilement accessibles.

Un jour, quand je serais vieux, j’en fais le serment solennel sur la tête de toutes les bestioles du mississouris et sur les fiers brises lames de Wenduine, je passerais mes heures claires sur le port d’Ostende. Bonnes babeluttes !


paru dans Gazoline 69 de juin 2001
© Pierre-Brice LEBRUN & Gazoline


les sites Internet de toutes les villes de la côte belge sont référencés sur ce site
ainsi que le parcours du tram ...
retrouvez aussi toutes mes bonnes adresses !

 

 
La Marée (050/41.23.74)
au 14 de la digue de Wenduine
(en néerlandais : zeedick),
prenez aussi des fondus au parmesan
avec un filet américain préparé à votre table par la patronne (steak tartare à la mayonnaise)
ou des moules à l’ail, un régail !

retrouvez toutes mes bonnes adresses !

le cuistax est une sorte de kart à pédales pour enfants ou pour adultes, de une à douze places
qui se loue à la demi-heure, à l’heure ou à la demi-journée
(de 7 € à 15 €)

le missisouris
est un tout petit zoo minuscule, de son vrai nom Parc Léopold (entrée gratuite)
il y a aussi des moutons, des poules et des canards qui glandent au pied du moulin

le prochain défilé des Géants
les 27 & 28 juillet 2003
(059/24.21.34)
vous voulez une confirmation ?

informez-vous à l'Office de Tourisme de Wenduine
(en flamand !)
ou envoyez un mail

contactez aussi
l’Office de Tourisme d'Ostende
(059/70.11.99)
2 de la place Monaco (Monacoplein) 8400 OSTENDE
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