Je vous propose une table dexception à Tarbes,
un étoilé Michelin
accessible (menus à 20, 28,
36 et 50 €), qui, sans se prendre au sérieux, nous ravit
de sa gentillesse et de sa gourmande inventivité. Daniel
Labarrère ose les fiançailles
les plus étonnantes, comme le pigeon rosé et éclaté
sur tarte à la banane, quil accompagne dune crème
brûlée au foie gras, pimentés par le sourire
et laccent du service, irréprochable mais bonhomme
: cest une table inoubliable où on ne se prend pas
la tête !
Christine et Daniel Labarrère
ont eu, en plus, lexcellente idée dinstaller,
au-dessus de leur salle du resto, non pas un hôtel trois étoiles,
mais deux confortables chambres
dhôtes. Il nétait
pas évident, cest vrai, daffronter les frimas
pyrénéens après sêtre extasié
devant la cuisine colorée, originale et authentique du Chef,
surtout après avoir avec lui fini
la soirée au fumoir du sous-sol, avec cigare, Cognac ou Armagnac.
Quand cest possible, on mange dehors, sur la terrasse, au
milieu du jardin fleuri de cet ancien presbytère.
Les menus et cartes de ces deux chefs (voir aussi mon
escapade à Pau) font la part belle au Noir
de Bigorre, ce gros, gras et sympathique
porc gascon élevé selon des règles très
strictes dans la région de Tarbes : nourri de glands (jai
des noms !), de céréales, dherbe et de châtaignes,
il doit être élevé en plein air, avec pas plus
de 25 cochons à lhectare. Le Noir de Bigorre est ensuite
affiné de 18 à 24 moisa lors que le Bayonne se contente
de cinq à six mois.
Vous savez quil na jamais été fait à
Bayonne, le jambon de Bayonne ? Beaucoup de produits portent le
nom du port dans lequel ils embarquaient pour être commercialisés
: le Porto, le jambon dAnvers, le vin de Bordeaux
En 1981, la race, proche de lextinction, ne comptait que deux
mâles et 25 truies, chez des petits producteurs irréductibles.
Des professionnels convaincus ont profité de lannée
du patrimoine pour se mobiliser autour de Frédéric
Bonomelli, le jeune patron des Salaisons
Pyrénéennes, et en
dix ans, ils ont sauvé la race. Le porc gascon prend son
temps pour arriver à maturité, il est bien moins rentable
que le bête cochon parqué contre son gré en
élevage extensif, ce qui explique quil soit jadis tombé
en désuétude, mais goûtez-le, à lAmbroisie,
à la
Table dHôte ou chez votre charcutier, il a une saveur
incomparable ! Bonnes routes en Bigorre et aux alentours !
Carnet dadresses.
Lambroisie, 48 rue Abbé Torné à Tarbes
(65), 05.62.93.09.34
paru
dans le Gazoline n° 94 d'octobre 2003
paru le 19 septembre 2003
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