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power-café : que la force soit avec lui !


Pour changer, ce mois-ci, on va faire dans le branché : on va mettre, une minute, de côté le terroir authentique, pour se la jouer parisien, une fois n'est pas coutume, parisien de chez parisien, stressé, débordé (on dit buzzy, si on veut se la raconter), urbain mais attentif à son corps, sa ligne, soucieux de sa forme, membre de la tribu des bobos, les bourgeois bohèmes, qui s'apprécient surtout entre eux.

Je me moque, je me moque, mais le concept, vous allez voir, est loin d'être bête, je devrais même en profiter, plutôt que de déconner : voyez-vous, de par mon métier, je suis obligé –je dis bien: obligé–, de manger, déguster, goûter et m'attarder à table, j'en reprends deux fois, toujours, pour faire honneur, pour que mon estomac inspire ma plume.

Du coup, je déplore qu'un léger –je dis bien : léger–, embonpoint se dessine, modifie mon profil, lui apporte une imperceptible rondeur.

Une jeune femme qui habite chez moi (il me semble qu'on appelle cela une épouse), un photographe musclé, un médecin longiligne et –plus grave–, un vétérinaire (celui de mon chien, qui bénéficie de la même imperceptible surcharge pondérale que moi, je parle du chien), me le répètent tout le temps : tu devrais faire du sport !
Du sport ? Quelle horreur : ça fait transpirer.

Oui, car, si je déteste le sport sous toutes ses formes –même à la télé, il m'épuise–, je déteste aussi transpirer. Donc, je m'abstiens de faire du sport pour éviter de transpirer. Là est le génie : le Power Café permet de s'entretenir, de faire du sport sans suer ! On boit un verre de vin d'Alsace, un bon Bordeaux, une coupe de Champagne, un jus de fruits frais, puis on va, entre deux rendez-vous, sans desserrer sa cravate ni faire d'efforts, éliminer les excès grâce à une surprenante technologie allemande, utilisée depuis cinquante ans par les sportifs de l'ex-URSS : il n'est pas nécessaire de bosser, de se faire mal, de souffrir, juste, il faut vibrer, vibrer assis ou vibrer debout, vibrer en extension ou vibrer accroupi, vibrer dans un sens ou vibrer dans l'autre, après avoir choisi, sur la machine, la position qui stimulera le muscle empâté, avachi, endolori que l'on veut réveiller.

Un tableau au mur, sorte de kamasoutra solitaire et sportif, suggère 54 postures, en expliquant leur utilité. Un coach, présent en permanence, explique, conseille, propose des enchaînements (il en connaît des centaines), détermine un programme particulier, sur mesure, pour répondre aux attentes, aux besoins, aux souhaits du vibreur.
Le côté obscur de la force du sport est dans la vibration, elle permet de tout muscler, de tout faire bosser : pour de la vibration hyper efficace, un cycle d'entraînement est remis à chaque séance en fonction des objectifs du vibreur (un vibreur qui vient vibrer sans raison est un vibreur qui vibre pour pas grand-chose). La séance dure une demi-heure : le mieux est de s'offrir deux à trois séances par semaine, les améliorations sont très vite palpables. La vibration permet de se muscler, mais aussi de se relaxer, après une journée épuisante, de vibrer zen, ou de vibrer utile, pour perdre quelques grammes, ou gagner quelques années : en contractant les muscles de 20 à 40 fois par seconde, le sang circule plus vite, il combat en passant la cellulite, il draine l'organisme, qu'il débarrasse de ses impuretés.

Au Power Café, aussi, on mange, on mange même très bien, équilibré mais pas diététique, on mange tranquille ou en vitesse, avec la Formule "dix minutes, dix euros", ou en prenant son temps (13,50 euros entrée plat ou plat dessert). Il y a peu de produits, mais ils sont bien sélectionnés, la carte est courte et agréable : les pâtes sont succulentes, aux asperges à la ricotta ou au caviar d'aubergines, les salades bien sympathiques, le tajine végétarien, excellent, servi avec une fraîche semoule (de 7 à 10 euros le plat). Les desserts, crumble, moelleux ou fromage blanc, sont inévitables, surtout commandés avec un café Lavazza, la Rolls des expressos.

L'après-midi, la carte des thés bio (des vrais, pas en sachet), fait courir tout Paris.

Le Power Café va bientôt faire des petits, d'abord dans le cinquième arrondissement de Paris, puis ailleurs : soyez parmi les premiers –celui-ci vient d’ouvrir–, à le tester, à l’apprécier et à l’adopter.
Vous m’y croiserez, persuadé que la vague des vibrations va bientôt déferler.
Bonnes routes, et bonnes vibrations.


paru dans le Gazoline 121 de mars 2006 (en février 2006)
© Pierre-Brice LEBRUN & Gazoline

 

Power Café
7, rue des Lavandières Sainte Opportune
Paris
01.45.08.13.36
métro Châtelet
sorties Rivoli ou Châtelet
la première séance de vibrations est offerte
puis 200 euros l'abonnement de 12 séances
ouvert 7/7, de 11 h à 20 h
jusqu'à minuit les jeudi
vendredi et samedi