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je suis Chevalier de la Confrérie du Franc Pineau !


Le Pineau est aux Charentes ce que le kérosène est à l’Airbus, un indispensable carburant. Si la capitale du Pineau est sans conteste Cognac, la mère patrie de son demi-frère digestif,
c’est Angoulême la capitale des Charentes qui lui rend chaque année le plus bel hommage lors de ses somptueuses Gastronomades, Olympiades pantagruéliques pas franchement diététiques que vous ne devez rater sous aucun prétexte !
Les 8èmes Gastronomades se dérouleront à Angoulême du 22 au 24 novembre 2002, c’est l’occasion idéale pour découvrir la ville et la région, dont je vous ai déjà parlé. Obtenu par le savant mélange de trois quarts de jus de raisin et d’un quart d’eau de vie de cognac, provenant obligatoirement de la même exploitation ou coopérative, le Pineau se fabrique là où se fabrique le cognac, en Charente et en Charente-Maritime, jusqu’aux confins de la Gironde et de la Dordogne.
Vous connaissez les fameuses régions d’appellation du cognac, Grande et Petite Champagne, Borderies, Fins Bois, Bons Bois et Bois Ordinaires. Les deux premières produisent le meilleur cognac, donc peu de Pineau, les autres, moins prestigieuses en cognac, consacrent au Pineau une plus grande partie de leur production. Pour faire du Pineau, il faut d’abord faire du Cognac, donc distiller le jus de raisin dans l’alambic. Tiens, à propos, vous connaissez l’origine du mot ? dérivé du mot arabe al anbiq, l’alambic a été inventé par les arabes en Palestine, comme l’alcool, al kohl, et la distillation, il a été ramené au retour des Croisés.
Le Pineau, dont la production a été multipliée par six depuis les années 1970, en même temps que chutait la consommation de Cognac, n’existe qu’en blanc et en rosé : même rouge grenat, on le dit rosé. Le Pineau se déguste jeune sous l’appellation Pineau, mais aussi en Vieux et en Très Vieux Pineau, c’est à dire qu’il a vieilli au moins 5 ans en fût, et le Très Vieux, au moins 10 ans. Il est alors à mon avis nettement meilleur, mais du coup plus corsé, il peut atteindre 20° ou 22°, ce qui peut déranger les gosiers et les âmes sensibles, c’est pour le savoir qu’il faut profiter des dégustations. Le Pineau, qui, même jeune, doit avoir au moins dix-huit mois pour être autorisé à la vente, doit tirer entre 16° et 22°, il oscille en général entre 17° et 18°.
Le Pineau, bien sûr, vous le retrouverez aux Gastronomades : il est, soit dit en passant, excellent avec les huîtres, surtout celles de Monsieur Papin, producteur à Marennes, présent sous la Halle du Marché d’Angoulême, qui se tient tous les matins. Allez y faire un tour, buvez un café à La Brûlerie avant de fouiller les étals à la recherche des fromages d’Alain Jousseaume, la Taupinette et la Taupinière.
Cette année, les Gastronomades vont faire très fort, avec des dégustations à ne plus savoir qu’en faire, un ludo-land pour enfants, un plateau permanent de débat et de dialogue, un espace librairie, des concerts de jazz, et le salon de littérature de Cognac qui se tiendra au même moment … Angoulême, carrefour entre Bordelais et Périgord, terre et Océan, est la ville idéale pour flâner dans les ruelles, vadrouiller sur les remparts, manger en terrasse, visiter le musée de la bédé, traîner dans les nombreuses galeries d’art … Le Pineau, j’y reviens, mais quand vous y viendrez, vous n’en reviendrez pas !
Les petits producteurs de Pineau de l’Ile d’Oléron (petit n’est jamais péjoratif quand il est associé à producteur d’un truc qui se boit ou se mange), vendent leur Pineau et leur cognac directement aux touristes, ils font souvent visiter la distillerie et l’exploitation, parfois sur rendez-vous, et proposent des dégustations. Ça leur fait plaisir, mais la finalité reste l’achat par le visiteur d’une ou plusieurs bouteilles, donc ne vous en privez pas.
Sachez, foie de connaisseur, que le Pineau se marie à merveille à tout type de vacances : au soleil, il désaltère, sous la pluie, rarissime en Charentes, il réchauffe, il prépare au départ celui qui bosse encore, et au retour, console celui qui repart bosser. Figurez-vous, lecteurs de Gazoline, je peux bien le dire, nous nous connaissons depuis si longtemps, que la Confrérie du Franc Pineau m’a fait l’honneur de m’introniser Chevalier lors d’une émouvante et chevaleresque cérémonie dans les salines d’Oléron.
Je lui ai à jamais juré fidélité, alors, foie de Chevalier, avec modération mais adoration, je vous souhaite de bonnes routes charentaises à tous.

paru dans Gazoline 83 d'octobre 2002
© Pierre-Brice LEBRUN & Gazoline

 



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Étonnant Guide merveilleusement documenté qui se lit comme un roman, si passionné qu’on se demande s’il n’a pas été, sous pseudonyme, écrit par la Charente elle-même. Le Guide Fanlac nous convie à une savoureuse balade, véritable plongée dans le terroir, il n’élude aucune question, disserte sur le Pineau et le Cognac, célèbre la gastronomie, se passionne pour l’histoire de la pantoufle, nous emmène visiter cathédrales, abbayes et abbatiales, mais aussi le Musée Georgette Lemaire (quatre visiteurs à la fois, sur rendez-vous) et celui de la Voiture pour Enfants. Avare de bonnes adresses, il ne donne que les meilleures, hôtels et restaurants, campings, tables d’hôtes et producteurs, on peut le suivre sans hésiter. Truffé d’anecdotes, il permet de découvrir la Charente côté coulisses, une autre Charente, l’authentique, humaine et rigolote, épicurienne, la vraie Charente des Charentais ! Il est le passeport Charentais par excellence et se déguste avec un Pineau bien frais

LE GUIDE CHARENTE
de DIDIER PIGANEAU
Éditions Fanlac
Prix alapage.com : 20,13 €
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