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pierre-brice et les sirènes de Copenhague


Le Marché de Noël est une tradition qui vient surtout du nord et de l’est de l’Europe. Strasbourg en a un très beau, malheureusement de plus en plus touristique, Stockholm l’organise sur la presqu’île de Skansen, on le rejoint en bateau ou en tram salon de thé, le Rullande Café, on en profite pour visiter le voisin et inoubliable Musée Vasa. Montbéliard a le sien, et Barcelone aussi, au nord-est, oui, mais de l’Espagne, Genève installe le sien depuis deux ans sur les rives du Leman. Chaque année, j’en fais un. L’année dernière, c’était à Copenhague, le Tivoli Julemarked : Jul, c’est Noël, et God Jul, Joyeux Noël, y’a qu’à aller chez Ikéa pour savoir ça !

Copenhague est une capitale humaine de 600.000 habitants, sans building ni stress, avec des vélos et des places, des squares et des églises, avec l’arrogance presque timide d’une fringante petite ville riche de province, c’est un centre économique important où la circulation s’arrête à onze heures trente et à treize heures, quand les soldats en grand uniforme de la Queen Life Guard, précédés de deux policiers à cheval et d’une fanfare, quittent Rosenborg pour aller relever la garde qui surveille le Château de la Reine à Amalienborg. Tous les Danois sortent tous les jours pour les saluer, dans un sens et dans l’autre. Même le patron du célèbre restaurant Ida Davidsen vous oblige à déposer le smørrebrod que vous dégustez pour applaudir, sur le trottoir, le défilé. C’est surréaliste, mais c’est comme ça, les Danois sont fiers d’être Danois, fiers de vous faire partager leur fierté, fiers de leur Reine et de leur inoffensive armée, fiers de leur drapeau, qui est le plus vieux du monde.

Les smørrebrod ? Des petits pains garnis de crevettes ou de poisson, saumon, anguille, hareng, ou de charcuterie, fromage, viande de renne séchée, salade, œuf, légumes … il n’y a aucune limite, ça s’accommode à l’infini, c’est bon, c’est fin, ça se mange sans faim, ça s’arrose de bière ou d’aquavit. Un petit verre de cet alcool de pommes de terre, nature ou aromatisé, est indispensable en début de repas, et un autre à la fin, pour digérer et affronter les frimas.

D’autres restaurants ? Avec plaisir, on mange très bien, à Copenhague, on mange tout le temps, une pâtisserie, une saucisse, un truc ou un machin. Le buffet de la gare centrale, Bistro Restaurant, est d'un excellent rapport qualité prix avec un Julbuffet (traditionnel buffet de Noël qui permet de découvrir la gastronomie locale) à 159 couronnes par personne, ensuite, le Caféen i Nikolaj, installé dans le presbytère d’une superbe église, à deux pas de Strøget.

Le Strøget c'est la rue piétonne qui traverse la cité de part en part : elledémarre à l’Hôtel de Ville (Radhuspladsen) à Kongens Nytorv, la grande place qui se transforme l’hiver en patinoire et qui borde Nyhavn, le vieux port (qui s'appelle paradoxalement le nouveau port : Ny c'est nouveau). On la parcourt sans fin du soir au matin.

Sur le vieux port, le Cap Horn, est un restaurant aux façades multicolores
installé sur le vieux port, d’où partent les croisières sur les canaux (DFDS Canaltours, pour visiter aussi Christianhavn et Christiania, le quartier de la communauté hippie, libre et autogéré, mais un peu has-been). C’est justement sur le vieux port que je vous conseille de loger, à l’Hotel Nyhavn, qui appartient au groupe hôtelier Arp-Hansen. Il est installé dans un ancien entrepôt à grains du port de commerce, plus au bord de la mer, ça s’appelle un sous-marin, son charme et ses poutres rendent acceptables les minuscules chambres de poupée (de 1.270 F. à 1.535 F. la chambre pour deux, vous pouvez réserver en ligne, je vous confirme qu’à Copenhague, la vie est chère, mais si tranquille !). Le plus simple, c’est de tout réserver au même endroit, vous trouvez Copenhague au catalogue de la plupart des agences, citons Pandore Voyages, avec des week-end (trois jours, deux nuits, vol compris, départ Paris et province), à Copenhague de 2.000 F. à 3.000 F. (y compris à l’hôtel Nyhavn : d’où l’intérêt de ne pas réserver directement !) et nos amis de Voyageurs du Monde (ligne directe Europe 01.42.86.16.90).

Le monument emblématique officiel, c’est la petite sirène : il faut la voir, c’est la tradition, mais elle ne casse pas de briques, la ballade le long du port pour y accéder et le parc qui l’entourent sont bien plus jolis, elle est toute petite et pas très visible, elle est surtout un symbole.

Avec tout ça, je ne vous ai pas encore parlé de Tivoli et de son Marché de Noël !

Tivoli, c’est le vrai monument emblématique de la ville, son cœur, son cerveau et ses poumons, sans Tivoli, pas de Copenhague et vice versa, l’un sans l’autre n’a aucune raison d’être. Tivoli est un parc privé (entrée payante, ouvert le 15 août 1843) en plein centre ville, une sorte de Foire du Trône avec, c’est ce qui fait son charme inénarrable, une danish touch intraduisible. Des manèges et des attraction s’enlacent à des jardins superbes traversés à heures fixes par la fanfare de la Tivoli Gardens Guard, des soldats pour de faux qui gardent le parc (avec une fanfare d'enfants fiers comme Bartabas qui défilent sérieusement en jouant des musiques entraînantes). Il y a des spectacles de marionnettes et des concerts de musique classique, des bars à saucisse et des restaurants très réputés, des machines à sous, du rock et des bals le week-end, un feu d’artifice, on s’y promène, on va y boire un verre, y passer le dimanche après-midi … le touriste y est aussi paumé que dans les souks d’Amman ! Ça ne ressemble à rien de connu, mais c’est très sympa ! Dans cette ambiance, les boutiques du Marché de Noël proposent dans des cabanes en bois illuminées du vin à la cannelle, des cadeaux et des animations, des gaufres et des décorations en bois, des bibelots à deux balles et de l’artisanat haut de gamme, on s’y promène la goutte au nez rouge (y fait froid à Copenhague à Noël !), un peu éberlués par l’ambiance si proche de ce qu’on connaît et à la fois si exotique (retrouvez le parc sur le net : le site est en anglais).

Tous les danois ou presque parlent anglais, ils même souvent totalement bilingues ou polyglottes, mais leur langue a un rôle culturel fondamental "les Danois sont une petite tribu qui vit aux confins du monde connu et dont le signe tribal est la langue. C’est à leur langue que les Danois se reconnaissent entre eux, les étrangers parlent le Danois avec un accent, les vrais Danois parlent un dialecte", comme le dit fort justement, dans la photo de Lime, le journaliste et écrivain Leif Davidsen, auteur de polars captivants traduits en français. Vous lirez surtout le Danois Serbe, dont l’action se passe à Copenhague.

En vrac, un bistrot jeune et branché, très sympa, pour boire un verre ou manger un morceau, le Café Sommersko à côté de Strøget, deux très beaux magasins, deux institutions de la rue piétonne, que vous retrouvez sur le net : le styliste culinaire Bodum, vendeur de cafetières design et ustensiles de cuisine, dans un magasin tout en verre (il y en a un désormais à paris au Carrousel du Louvre), et Royal Shopping, réunion de cinq prestigieux magasins kongelig hofleverandør (fournisseurs de la Reine), qui se visitent comme des musées de l’art de vivre scandinave moderne et ancien, dont Royal Copenhagen mais aussi Illum (art de vivre et de la table). Une petite escapade avant de repartir, sur la route : la presqu’île Amager où se trouve l’aéroport international de Kastrup, à Dragør, vieille ville de bord de mer. On peut aussi aller passer la journée en Suède à Malmö (50 minutes de train au dépârt de la gare centrale de Copenhague).
Il existe un Guide Autrement de Copenhague, mais, plutôt incomplet, il n’est pas le meilleur de la collection : et je n'ai trouvé aucun Guide qui me satisfasse ... mais je continue à chercher ! God Jul ! Joyeux Noël !

Paru dans le GAZOLINE 72 d'octobre 2001
© Pierre-Brice LEBRUN & Gazoline

NEWS - décembre 2004 : je reviens de Copenhague et j'ajoute ...

J'ai parcouru comme à chaque fois pendant des heures le Strøget (la rue piétonne emblématique qui traverse Copenhague de l’Hôtel de Ville (Radhuspladsen) à Kongens Nytorv, la grande place qui se transforme l’hiver en patinoire). Konhens Nytorv borde Nyhavn, le vieux port (Copenhague à l'origine signifie : port des marchands). Au départ de Nyhavn embarquez pour une ballade d'une heure sur un cousin des bateaux-mouche qui vous emmènera voir la petite Sirène et le quartir de Christianhavn.

La plupart des magasins se trouvent sur le Strøget ou sont à proximité directe comme les Magasins du Nord. À quelques pas de Radhuspladsen il y a le Tivoli. On peut s'échapper du Strøget bondé pour boire un verre au calme chez Konrad (Pilestræde). On peut aussi monter (à pieds) au sommet de la tour ronde pour admirer la ville. Ne ratez surtout pas à midi la croquignolesque relève de la Garde ! et réservez-vous une partie d'après-midi plus une soirée pour Tivoli. Déçu de la fermeture du Bistro Restaurant je me suis mis en chasse et j'a trouvé mieux bien qu'un peu plus cher : le plus fabuleux buffet de Noël est au Copenhague Corner (comptez 50 euros par personne avec l'eau la bière et l'akvavit ... allez-y à midi et vous ne mangerez pas le soir !).

Le Copenhague Corner appartient au Groupe Remmen qui possède aussi l'Hôtel D'Angleterre (le plus luxueux et le plus cher de Copenhague) l'Hôtel Kong Frederik et l'Hôtel Sophie Amalie.

Place Nytorv, en montant vers Frue Kirke (la Cathédrale de Copenhague), on arrive au Quartier Latin qui, contrairement à ce qu'en dit l'Office de tourisme, ne présente pas beaucoup d'intérêt : des restos et des galeries d'art encadrent des boutiques SM avec cuir et martinets. Une curiosité franco-française : l'Éducation Nationale, un bistrot de Paris à la déco de chez nous (on y boit français on y mange français et le traiteur livre paraît-il en 4L). On fait une pause place Højbro au Coffebar Børressa à l'Europa (mon préféré) ou au Café Norden ... et on va saluer Absalon qui surveille Christiansborg.

J'élève un peu le débat : Copenhague, capitale du Danemark, a été fondée en 1167 par Absalon, dont la statue décore la place Højbro. La ville compte 600.000 habitants (1,7 Millions avec sa banlieue) répartis sur 708 kilomètres carrés (cliquez ici pour tout savoir sur le Danemark). Vous obtenez toutes les infos sur le site de l'Office de tourisme Wonderful Copenhague (en anglais) ou Visit Denmark (en français). Pour bénéficier de prix réduits et de la gratuité dans les transports, pensez à la Copenhague Card (que vous pouvez même commander en ligne : elle est valable de 24 à 72 heures) : avec elle le train de Copenhague àHelsingør (qui a aussi un très joli Marché de Noël), ou de Copenhague à l'aéroport est gratuit ... ainsi que l'entrée à Tivoli ! Pensez aussi à faire vos achats en hors-taxe au Danemark ou ailleurs aux Cash Refund Office de Global Refund.


© Pierre-Brice LEBRUN / décembre 2004

Tivoli en plein centre-ville

taxi de Tivoli
Tivoli by night

Tivoli
Marché de Noël à Tivoli

police !
la solitude du Garde Royal
qui attend la relève

la garde descendante

la garde montante
fanfare martiale

face à face
 

 

 
N'oubliez pas que vous
pouvez choisir et réserver
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vous pouvez aussi consulter
toute une série d'idées de week-ends
et d'escapades clés en main

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les meilleurs guides
touristiques et
gastronomiques

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un bon bouquin
pour vous accompagner
ou un polar décoiffant
que du bonheur

la meilleure façon
pour rejoindre Copenhague
reste évidemment l'avion
: une heure et demie de vol et vous y êtes !


'fait froid !

à l'aéroport préférez le train à la navette : pour un peu moins de 4 euros vous êtes au centre ville en douze minutes (il y a un train en moyenne tous les quart d'heure)
en plus ça tombe bien : à deux pas de la gare il y a deux hôtels Mercure côte à côte (les chambres sont petites : c'est une habitude scandinave)
cerise sur le gâteau : du tapis à bagage au quai pour Copenhague, il n'y a pas cent mètres ! encore un peu de crème ? le train est gratuit avec la Copenhague Card !

Attention : le Bistro Restaurant buffet de la gare n'existe plus
il a été remplacé par une enseigne de sportsbar suédois typé bar américain taverne irlandaise
O'Reillys
ce n'est pas mauvais
ce n'est pas spécialement bon marché
et c'est tout sauf danois !


Reservation hotel Accor



Le danois serbe
et les autres romans
danois d'espionnage de
Leif Davidsen
sont publiés en français
par les éditions Gaïa
le Danois Serbe se passe à Copenhague



Le Danemark n'est
pas passé à l'Euro
mais fait partie de l'Espace Schengen : une carte d'identité suffit pour y entrer
10 DKK (couronnes danoises) font 1,34 euros (donc 10 euros font à peu près 74 DKK).

Carnet d'adresses

Café Nikolas
place Nikolas 12
église Saint-Nikolas
7026.6464
à deux pas du Strøget vers les Magasins du Nord (le clocher de Saint-Nicolas se voit de toute la ville)


Ida Davidsen
réservation indispensable
3611.3655
entre Nyhavn et
Amalienborg
70 Store Kongensgade


Copenhague Corner
Versterbrogade 1A
(entre l'Hôtel de Ville et Tivoli)
3391.4545


Il y a un Marché de Noël sur le Nyhavn de fin novembre à fin décembre avec une vingtaine de cabanes en bois face à une vingtaine de restaurants : un endroit idéal pour boire le soir un Gløgg (vin chaud épicé et aromatisé avec des fruits secs) L'autre Marché est à Tivoli. Il y en a un aussi, très chouette, à Helsingør.

le magasin de design culinaire
Bodum sur le Strøget



Absalon et le clocher de 'Église
Saint Nicolas


l'hôtel d'Angleterre
le même mais la nuit ...